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Le VIH-sida

Le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) se caractérise par un ensemble de symptômes provoqués par un virus qui s’attaque au système immunitaire (système de défense naturel du corps) et que l’on nomme virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Malgré les progrès de la science et l’accessibilité aux médicaments, aucun traitement ne guérit le VIH-sida. Qui plus est, cette épidémie ne cesse de croître et les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sont encore les plus touchés au Québec.

Symptômes
Primo-infection
La primo-infection se manifeste dans les semaines qui suivent l’entrée du VIH dans l’organisme. Environ 70 % des gens nouvellement infectés présenteront des symptômes semblables à ceux de la grippe ou de la mononucléose – fièvre, mal de tête, mal de gorge, fatigue, douleur musculaire, ganglions enflés, etc. Ces symptômes disparaîtront d’eux-mêmes en deux ou trois semaines. Ceci dit, il est important de souligner que 30 % des personnes nouvellement infectées n’éprouveront pas de symptômes.

Phases asymptomatique et symptomatique
Le VIH peut être présent dans l’organisme pendant des années, parfois même jusqu’à 10 ans, avant la manifestation des symptômes. Ils se présentent sous des formes diverses et générales : fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids, ganglions enflés, diarrhées persistantes, nausées ou vomissements, fatigue, infections à champignons dans la bouche (candidose), zona, pharyngite, etc.

Il s’agit de symptômes qui peuvent également être associés à différents problèmes de santé. C’est pourquoi plusieurs personnes n’envisageront pas la possibilité d’avoir contracté le VIH et encore moins celle de pouvoir le transmettre. L’idéal est de passer des tests de dépistage régulièrement.

Phase sida
Au fil du temps, le système immunitaire deviendra tellement affaibli qu’il ne pourra plus se défendre contre de simples infections. Ces dernières profiteront de cette faiblesse du système immunitaire pour s’installer dans l’organisme. C’est pourquoi on les nomme infections opportunistes. En voici quelques-unes : pneumonie à Pneumocystis carinii, toxoplasmose ou infection de l’enveloppe du cerveau, cytomégalovirus aux yeux, sarcome de Kaposi, zona et problème neurologique tel que le neurosida ou autre.

La phase sida verra s’alterner des périodes importantes de maladie, nécessitant parfois l’hospitalisation, et des périodes de santé. Elle constitue la dernière étape de l’évolution de cette maladie et peut s’étendre sur plusieurs années.

Transmission
Le VIH se transmet par le sang, le sperme, le liquide pré-éjaculatoire, les sécrétions vaginales et le lait maternel. Ces liquides biologiques doivent être infectés par le VIH, puis entrer en contact avec une ouverture au niveau de la peau afin d’accéder au système sanguin d’une personne non infectée pour qu’une transmission soit possible. Le VIH n’est pas doté de pouvoirs magiques lui permettant de traverser la peau !

Par exemple, si le sperme du partenaire sexuel se retrouve sur votre main et que la peau ne présente pas de coupure ni de lésion, les risques de transmission sont nuls. Par contre, la pénétration anale est considérée à haut risque de transmission du VIH, car même si ce n’est pas toujours évident, le frottement du pénis contre l’anus peut causer une irritation de la région anale et briser la peau, favorisant ainsi l’accès au système sanguin et la transmission du VIH.

Comportements qui peuvent favoriser la transmission du VIH :

Aucun risque
? s’embrasser, y compris avec la langue et en échangeant la salive
? masturbation mutuelle sans contact avec le liquide pré-éjaculatoire et le sperme
? frottements des corps, massages, caresses, etc.
? utilisation d’accessoires sexuels non partagés, utilisés avec un condom ou nettoyés après usage

Faible risque
? sexe oral (fellation, cunnilingus)
? pénétration anale ou vaginale avec un condom
? frottement des organes génitaux s’il y a contact avec le liquide pré-éjaculatoire ou le sperme

Risque élevé
? pénétration anale ou vaginale sans condom
? utilisation partagée de godemichés ou d’accessoires sexuels
? partage d’aiguilles et de matériel d’injection (drogues, stéroïdes, etc.)
? tatouage et perçage corporel effectué à l’aide de matériel non stérilisé

Le VIH ne se transmet pas par la salive, la sueur, les larmes, l’urine ou les selles, à moins que ces liquides biologiques soient teintés de sang. Vous ne risquez pas de l’attraper non plus en partageant les vêtements, les ustensiles, la vaisselle ou un siège de toilette avec une personne séropositive.
Dépistage et diagnostic
Le dépistage du VIH s’effectue par une prise de sang, 3 à 6 mois après un comportement à risque ou un bris de condom avec un partenaire séropositif ou de statut sérologique inconnu. Par exemple, si vous avez une pénétration anale sans condom aujourd’hui, vous devrez attendre un minimum de trois mois avant de passer un test de dépistage.

Le test de dépistage du VIH sert à vérifier la présence des anticorps anti-VIH dans le sang, et non celle du virus lui-même. Il faut jusqu’à trois mois, plus rarement jusqu’à 6 mois, pour que ces anticorps se retrouvent en quantité suffisante pour être détectés par le test de dépistage (ÉLISA). La présence d’anticorps VIH signifie que vous êtes séropositif, donc porteur du VIH. S’il n’y a pas d’anticorps VIH, vous êtes séronégatif.

Pour passer un test de dépistage, vous devez consulter un médecin ou vous rendre dans un CLSC (voir la section « Ressource »). Si vous désirez passer un test de dépistage du VIH, vous devez le demander spécifiquement. Un test de dépistage ne doit pas être effectué sans votre consentement ou à votre insu.

Traitement
Pendant les quinze premières années de l’épidémie du sida, peu de traitements efficaces contre le VIH ont vu le jour. Or, depuis ce temps, des recherches fondamentales ont mené à la création de médicaments très puissants qui interfèrent dans la réplication du virus et ralentissent ainsi l’arrivée de la phase sida. Résultat : les personnes séropositives vivent plus longtemps.

Toutefois, ces médicaments s’avèrent extrêmement coûteux et peuvent entraîner des effets secondaires sévères, notamment des vomissements, des diarrhées importantes, de la fatigue, des maux de tête, des atteintes neurologiques, des cauchemars, des changements de l’apparence physique et autres. De plus, le traitement doit être administré tel que prescrit, préférablement sans oubli, sinon le VIH pourrait développer une résistance aux médicaments. Dans ce cas, les options de traitement deviennent plutôt limitées.

En réalité, nous sommes loin des « pilules miracles » annoncées par les médias concernant les traitements contre le sida.

Extrait de : Christine Savoie, 2004. « Mon livre de lit : pour une sexualité plaisir en santé, Vol.1. » produit par Action Séro-Zéro, 69 pages. www.sero-zero.qc.ca

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