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LE STATUT SÉROLOGIQUE DES PARTENAIRES

L’une des principales questions que le couple homosexuel doit considérer est celle du statut sérologique des deux partenaires. C’est une question qui peut se poser bien souvent avant même que les individus n’aient décidé d’être en couple. Certains peuvent se demander s’il est vraiment obligatoire de connaître le statut sérologique de l’autre pour vivre à deux. Il est difficile de répondre affirmativement à cette question de façon définitive. Il demeure toutefois évident que connaître le statut sérologique de son partenaire peut être utile au plan de la prévention du VIH, surtout si les partenaires envisagent d’abandonner le condom dans le cadre restreint de leur couple.

Au début d’un couple, il se peut que les deux partenaires aient un peu tendance à tester leur résistance réciproque face au condom. On veut voir jusqu’où va aller l’autre, comment il se situe face à la prévention, s’il impose le condom ou non. On se dit : «S’il ne met pas de condom, c’est qu’il est séronégatif.» ou «S’il ne met pas de condom, c’est qu’il est séropositif». En réalité, on comprend seulement ce qu’on a envie de comprendre. Et puis la flamme des premiers temps peut conduire à bien des excès.

C’est ainsi qu’un sondage australien a révélé par exemple que 36 personnes sur 100 avaient eu au moins une relation anale non protégée avec leur partenaire dans les quatre premiers mois de leur fréquentation. Cela montre bien pourquoi il vaut mieux se parler plutôt que de jouer avec le feu. Vivre en couple ne repose pas seulement sur le sentiment amoureux. Cela sous-entend également tout un rapport de confiance et de franchise, surtout en ce qui concerne la santé des partenaires. C’est à cette confiance qu’il faut faire appel au moment d’aborder la question du statut sérologique.

Lorsqu’on est en couple, passer le test de dépistage est une décision qui se prend à deux. Il est nécessaire d’en parler, d’évaluer toutes les avenues et d’être prêt à assumer les impacts négatifs possibles d’un éventuel résultat positif (rejet, angoisse, etc.). Mais c’est également une décision individuelle. Il faut donc y aller à son rythme en fonction de ses propres besoins et capacités.

De prime abord, passer le test de dépistage peut sembler effrayant. Mais, en y pensant bien, il présente des avantages certains. Ainsi, il permet de se libérer de l’angoisse de ne pas connaître son statut sérologique, de se libérer de certaines craintes reliées à son état de santé, de questionner certaines de nos pratiques sexuelles qui sont moins sécuritaires et de formuler des projets pour le futur. De plus, à l’heure actuelle, il permet aussi, en cas de séropositivité, de commencer le plus tôt possible un suivi médical approprié. Quoi qu’il en soit, il serait faux de s’imaginer qu’il suffit de ne pas passer le test pour que la question soit éliminée à jamais. Bien au contraire, la question rebondira forcément à un moment ou à un autre dans le couple.

Il se peut que l’un des deux se sente prêt à passer le test mais que l’autre refuse. Que doit- on faire dans un pareil cas ? Doit-on renoncer à la relation pour autant ? Dans une telle situation, la décision peut être reportée. Les partenaires ont peut-être besoin d’un peu plus de temps pour y réfléchir de part et d’autre avant de ramener la question sur le plan du couple.

Extrait de : Action Séro-Zéro, 2002. « Ma vie gaie; le parcours en soi », www.sero-zero.qc.ca

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